Pour cet article, il m’a été impossible d’écrire une biographie sur une seule personne ayant marqué cette ère. En effet, peu d’écrits concernant l’obstétrique sont retrouvés. Remettons-nous dans le contexte, l’empire romain d’Occident se dissout en 476 et les Francs menés par Clovis s’implantent en Gaule à partir de 486. C’est le début du Moyen-âge.
Cette époque s’étend du Ve au XVe siècle. Elle est désignée comme l’âge moyen par les hommes de la Renaissance qui la voyait comme une parenthèse dite « barbare » après l’Antiquité gréco-romaine vue comme l’âge d’or. Elle est souvent divisée en trois grandes parties : le Haut Moyen-âge (Ve – Xe ou XIe siècles), le Moyen-âge central ou classique (XIe au XIIIe siècle) et le Bas Moyen-âge (XIV-XVe siècles).
Au Moyen-âge, la femme a une situation nettement inférieure à celle de l’homme, mais a le rôle important de donner la vie. « POURVU QUE CE SOIT UN GARÇON ! », l’enfant est vu comme un héritier, assurant la continuité de la lignée. Il est donc important de concevoir le plus d’enfants possibles surtout des garçons, aussi car la mortalité infantile est très élevée.
À cette époque, les médecins délaissent l’obstétrique au profit de la chirurgie. Les accouchements sont donc pratiqués par les femmes de la famille : grand-mères, tantes, sœurs, cousines… notamment dans les campagnes. En ville, des matrones ou des sages-femmes pratiquent les accouchements, elles sont appelées les ventrières, leur savoir empirique était transmis par voie orale de génération en génération. La science de l’obstétrique est peu connue et fait face à de nombreuses ignorances. Pour combler ce manque de connaissances, on fait appel à des superstitions et des croyances. Tout est ritualisé. Pour que l’accouchement soit « facile », on pratique différentes coutumes. Délier tous les nœuds de la maison pour empêcher le cordon ombilical de se mêler. Respirer l’haleine de la parturiente pour dépister une naissance difficile en cas de mauvaise haleine. Boire une potion à base de vin et de poudre d’utérus de la femelle du lièvre pour accélérer l’accouchement, car il s’agit d’un animal rapide. Diffuser de mauvaises odeurs au niveau de la tête de la parturiente et de bonnes odeurs au niveau du bassin pour « montrer » la sortie à l’enfant. Monter et descendre les escaliers ou marcher pour accélérer la naissance. Un accouchement facile est donc considérée comme un accouchement rapide, si celui-ci dure trop longtemps, nous savons qu’il y a des risques pour le fœtus, mais aussi pour la mère. D’ailleurs, le terme « accouchement » n’apparaît qu’à partir du XVIIe siècle, car il désigne le fait de s’allonger pour donner naissance. La légende raconte que l’on devrait cette pratique à Louis XIV qui souhaitait assister à l’accouchement et que cette position lui permettait de « mieux voir ». Avant cela, les femmes donnaient naissance en position accroupie, assise ou debout d’où l’expression « mettre bas ».

Au Moyen-âge, l’hygiène et les techniques médicales sont peu développées, de ce fait, beaucoup de femmes meurent en couches ou dans les suites notamment à cause de la fièvre puerpérale, fièvre survenant après l’accouchement. Si la parturiente mourait, les matrones pouvaient pratiquer une césarienne sur celle-ci afin de sauver l’enfant. Jamais de césarienne n’était pratiquée chez une femme en vie !
Après la naissance, le cordon ombilical est coupé puis noué. On le fera ensuite sécher et il sera donné à la mère pour être utilisé sous forme de poudres dans des philtres d’amour coûteux. L’enfant est ensuite emmailloté dans des bandes de lin ou de chanvre de manière très serrée sans pouvoir bouger les bras et les jambes et ainsi éviter qu’ils ne se déforment pour lui permettre de grandir droit.

La sage-femme s’occupe ensuite de sortir le placenta (la secondine) qui sera planté ou brûlé pour éloigner les mauvais esprits.
Ainsi, le début du Moyen-âge dit Haut Moyen-âge (Ve-Xe ou XIe siècles) ne démontre pas de grandes avancées dans le domaine de l’obstétrique mais bel et bien de naissances ritualisées avec une mortalité de l’ordre de 50% tant pour la mère que pour le bébé.
